résumé du propos:
La démocratie n’est pas un préalable à la diffusion de l’éducation et de la culture dans une population.
Peu de jeunes démocraties seront assez solides pour survivre si le régime précédent (souvent non démocratique) n’a pas apporté à la population éducation et culture.
Il y a deux conditions nécessaires à la survie de la démocratie:
- un niveau d’éducation élevé de la population sur plusieurs générations.
- une égalité de l’ensemble de la population (homme femme entre autre) devant l’éducation.
Article:
Pourquoi ce petit article ? parce qu’après la seconde guerre du Golfe contre l’Irak, la guerre en Afghanistan, l’intervention franco-anglaise en Lybie, qui a failli faire tomber le pacifique Mali, après l’intervention aérienne erratique des occidentaux en Syrie…
après tous ces événements, depuis 15 ans, j’en ai assez, assez, d’entendre des intellectuels justifier telle ou telle intervention AU NOM DE LA DEMOCRATIE. Comme si la démocratie pouvait naitre simplement en liquidant (Saddam Hussein, Khadafi) ou remplaçant (Egypte) un dictateur.
Alors une petite leçon toute simple à ces intellectuels philosophes.
Les conditions nécessaires à la démocratie, on peut dire qu’il y en a deux:
- un niveau d’éducation élevé de la population,
- une égalité (homme femme entre autre) devant l’éducation.
Pour qu’une démocratie "tienne sur la durée » (les institutions) et soit acceptée au quotidien (dans la vie de chacun) , il faut que la population accepte et respecte l’ "état de droit", c’est à dire, accepte aussi bien le verdict des urnes (pour la pérennité des institutions, "si je perds les élections je ne manifeste pas") , que le verdict des tribunaux (pour ne plus se faire justice soit même en cas de litige avec son voisin).
Comment réunir ces conditions d’acceptation et de respect de l’état de droit? eh bien il est nécessaire que la population sache lire, et ait un minimum de culture, qui lui permette de déjouer les pièges et les mensonges de ceux qui, par exemple, sous couvert de démocratie, représenteraient en réalité des intérêts tribaux ou économiques. Que la population ait le niveau de clôture suffisant pour avoir confiance dans la justice de son pays (une autre fois nous parlerons du sujet « démocratie et corruption » ).
Comment diffuser un minimum de culture, donner un accès égal à chacun à la lecture, à une éducation « de base », qui seule permet un esprit critique ?
Et bien, l’histoire nous apprend qu’il peut apparaitre un paradoxe: LA DEMOCRATIE N’EST PAS UN PREALABLE A LA DIFFUSION DE L’EDUCATION ET DE LA CULTURE DANS LA POPULATION. C’est à ce moment du raisonnement que je perds un bon quart de mes amis qui jamais plus ne daigneront me parler.
Pour faire vite et démontrer mon assertion « la démocratie n’est pas un préalable à la diffusion de l’éducation et de la culture dans la population » , je vais juste citer quelques pays.
Nasser (en Egypte) n’était pas un démocrate. Il avait largement diffusé l’éducation et fait progresser la cause des femmes.
Haffez el Assad était un dictateur. Il avait largement diffusé l’éducation et fait progresser la cause des femmes, avec le parti BAAS, laïque, en Syrie.
Saddam Hussein était un dictateur fou. Il avait largement diffusé l’éducation et fait progresser la cause des femmes, avec le parti BAAS, laïque, en Irak.
La Corée du Sud, dans les années 80, avec son régime autoritaire, régime qui se heurtait paradoxalement aux manifestions étudiantes, étudiants qui sont aujourd’hui devenus les dirigeants d’une grande démocratie asiatique.
Pour qu’un régime politique démocratique traverse les générations, sans révolutions ou coups d’état, il faut que, sur plusieurs générations, la population ait accès à la lecture et à la culture. Pour que le premier « ferment " de réflexion politique, se fasse dans la cellule familiale, entre parents et enfants, grands parents et enfants. Et parfois, pour transmettre sur plusieurs génération, l’accès à la culture et à la lecture, le cadre « le plus stable » (si j’ose dire) est un régime un peu autoritaire a minima.
On l’a vu dans le cas de l’Irak, de la Libye.... les acquis de seulement 20 ans d’éducation massive et généralisée ont volé en éclat dès que les dictateurs ont été liquidés. Retour au tribalisme, aux guerres de religion, à la haine du voisin qui n’a pas votre religion. Retour à la haine de tous contre tous. Perte des repères, alors on revient aux vieux repères rachis, centenaires, la religion, ou la haine de l’autre.
Dois je rappeler aux intellectuels et philosophes « qui nous foutent dedans » depuis 15 ans en matuere de politique étrangère, en « conseillant » nos dirigeants, que, avant de se tolérer entre catholiques et protestants, cela a pris quelques siècles en France ?
Je conclus en répétant mon assertion de départ, que j’estime avoir démontrée:
La démocratie n’est pas un préalable à la diffusion de l’éducation et de la culture dans la population.
Peu de jeunes démocraties seront assez solides pour survivre si le régime précédent n’a pas apporté à la population éducation et culture
Les conditions nécessaires à la démocratie, on peut dire qu’il y en a deux:
- un niveau d’éducation élevé de la population sur plusieurs générations.
- une égalité de l’ensemble de la population (homme femme entre autre) devant l’éducation.
En lisant cet article, j'ai aussi pensé à l'exemple de Cuba à l'époque de Fidel Castro, qui a mis l'éducation et la santé au cœur de sa politique, malgré la dictature.
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