Voilà un texte bien prémonitoire écrit en 1800 par Madame de Staël.
Dans un Etat démocratique, il faut craindre sans cesse que le désir de la popularité n'entraine à l'imitation des moeurs vulgaires ; bientôt on se persuaderait qu'il est inutile et presque nuisible d'avoir une supériorité trop marquée sur la multitude qu'on veut captiver. Le peuple s'accoutumerait à choisir des magistrats ignorants et grossiers; ces magistrats étoufferaient les lumières ; et, par un cercle inévitable, la perte des lumières ramènerait l'asservissement du peuple.
Madame de Staël, De la Littérature, 1800.
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